Chaque rentrée, la même question revient : « Mon enfant a besoin d'aide en maths — je prends un prof particulier, une appli, ou autre chose ? » La réponse dépend moins de votre budget que d'un point souvent négligé : de quel type de difficulté il s'agit. Une lacune précise, une méthode de travail défaillante ou une perte de confiance n'appellent pas la même solution. Passons en revue les options réellement disponibles en Suisse romande, avec leurs prix — y compris celui de la mienne, puisque je suis à l'origine d'une de ces solutions et que vous avez le droit de le savoir dès maintenant.

Avant de payer : ce qui existe déjà (et qui est souvent oublié)

Beaucoup de familles se tournent vers le privé sans avoir exploré ce que l'école et la commune proposent. C'est dommage : selon les cas, ces solutions sont gratuites ou nettement moins chères, et certaines passent par des adultes qui connaissent déjà votre enfant.

  • L'appui interne à l'établissement. Dans le canton de Vaud, il est normalement prévu un appui en français, maths et allemand pour les élèves en difficulté. Chaque établissement en définit toutefois les formes concrètes : le mieux est d'en parler au maître de classe ou à la direction, qui vous dira ce qui existe cette année dans le vôtre.
  • Les devoirs surveillés. Ils relèvent des communes : gratuits dans certaines, payants dans d'autres, et pas organisés partout de la même manière. Attention à ce qu'ils sont — une aide à faire les devoirs dans le calme, pas un rattrapage de lacunes anciennes.
  • Le professeur de maths lui-même. Lorsque c'est possible, une question précise posée en fin de cours ne coûte rien et vise exactement la bonne difficulté. Tous les enseignants n'ont pas la même disponibilité, mais c'est le premier réflexe à tenter — et le meilleur signal que votre enfant puisse envoyer sur son sérieux.
Le réflexe qui fait gagner du temps : avant tout achat, demandez à l'enseignant de maths se situe précisément le problème. « Il est en difficulté » ne se traite pas ; « il ne maîtrise pas le calcul avec les fractions et cela le bloque partout ailleurs » se traite très bien, et souvent vite.

Option 1 — Le répétiteur étudiant, la solution la moins connue

C'est l'option que beaucoup de familles ignorent. Dans le canton de Vaud, le Service d'aide à la scolarité du CVAJ met en relation les familles avec un réseau d'environ 1300 répétiteurs, essentiellement des étudiants. Au 31 juillet 2026, le tarif annoncé est de 23 à 33 CHF de l'heure, auxquels s'ajoutent 5 CHF de déplacement et une inscription annuelle de 80 CHF par enfant (50 CHF si votre commune subventionne le service, 100 CHF pour un élève en école privée, 20 CHF par frère ou sœur supplémentaire).

Ce que cela donne concrètement : pour une séance hebdomadaire sur une année scolaire, avec le déplacement à chaque fois, on arrive à un ordre de grandeur de 1 100 à 1 450 CHF — à ajuster selon votre commune, le nombre réel de séances et la distance.

  • Pour qui : un élève qui a besoin de quelqu'un à côté de lui pour se remettre en route, refaire des exercices, ne pas décrocher.
  • La limite : un répétiteur étudiant maîtrise les maths, mais n'a pas nécessairement de formation à l'enseignement. Les profils varient beaucoup : demandez son expérience au niveau scolaire concerné avant de vous engager.

Option 2 — Le cours particulier avec un enseignant

C'est l'artillerie lourde, et parfois la bonne : quelqu'un dont le métier est d'identifier d'où vient une erreur et d'adapter sa démarche à l'élève qu'il a devant lui. C'est aussi, de loin, l'option la plus coûteuse.

Sur les plateformes de mise en relation suisses, la moyenne observée sur les annonces de maths tourne autour de 55 CHF de l'heure, avec une dispersion considérable : d'environ 20 CHF à plus de 200 CHF de l'heure. Attention, ce sont des tarifs annoncés : un prix élevé ne garantit ni la qualification ni l'adéquation avec votre enfant. Les tarifs des agences varient eux aussi fortement selon la structure, la formule et le profil du professeur — demandez toujours le montant exact, et ce qu'il comprend, avant la première séance.

Le calcul que peu de parents font : en prenant l'hypothèse d'une séance par semaine sur l'année scolaire, soit environ 36 séances, une heure à 60 CHF représente 2 160 CHF ; au tarif moyen de 55 CHF, environ 1 980 CHF. En revanche, une intervention ciblée de six à dix séances sur une difficulté précise revient à 360 à 600 CHF — dix fois moins, pour un résultat souvent supérieur.

Option 3 — Les plateformes et applications en ligne

Le paysage est très hétérogène, et il vaut la peine de distinguer trois familles qui n'ont ni le même prix, ni le même usage :

Les cours particuliers en visio (type GoStudent) : c'est un cours particulier classique, à distance. Les tarifs publiés vont d'environ 20 à 34 € par séance selon la formule — ces prestataires internationaux facturent en euros, pensez-y au moment de comparer. Le prix par séance baisse quand le nombre de séances augmente, ce qui est trompeur : la formule la moins chère à la séance est aussi celle qui engage le plus gros volume mensuel, de l'ordre de 135 € par mois pour quatre séances et 250 € pour douze. Ces offres fonctionnent par abonnement, avec une durée d'engagement : demandez-la explicitement avant de signer.
Les banques d'exercices gratuites (type Sésamath) : une ressource honnête et utile, sans aucun coût. La limite est réelle : personne ne dit à votre enfant quoi travailler, ni dans quel ordre, ni quand s'arrêter.
Les plateformes de contenu structuré par programme : elles proposent le programme de l'année, chapitre par chapitre, avec correction immédiate, contre un abonnement mensuel ou annuel. Leur intérêt tient à la régularité qu'elles permettent ; leur faiblesse, c'est qu'aucune ne remplacera un adulte pour remotiver un enfant qui a renoncé.
Ne comparez pas des choses non comparables. Chaque famille de solutions se mesure avec sa propre unité : le cours particulier et le répétiteur, en coût horaire (plus les frais annexes) ; la visio, en coût par séance et volume mensuel engagé ; la plateforme de contenu, en coût annuel pour un usage autonome ; la ressource gratuite, à 0 CHF mais avec une autonomie exigeante. Une heure avec un adulte et une heure de travail seul devant un écran ne sont pas la même prestation — c'est pour cela que la question « lequel est le moins cher ? » n'a pas de réponse tant qu'on n'a pas dit ce dont l'élève a besoin.

Option 4 — Vous, avec le bon cadre

Cela ne coûte rien et fonctionne mieux qu'on ne le croit, à condition de tenir le cadre plutôt que le contenu : un horaire fixe, un lieu calme, et l'habitude de faire expliquer plutôt que d'expliquer. Ce n'est pas suffisant pour combler une lacune de deux ans, mais c'est souvent décisif pour un élève dont le problème est la régularité. J'ai détaillé cette approche dans « Aider son enfant en maths sans être prof ».


Alors, que choisir ? Partez de la difficulté, pas du budget

Voici la grille que j'utilisais quand des parents me posaient la question en entretien.

Une lacune ancienne et précise (les fractions, les priorités opératoires, le calcul littéral) qui bloque tout le reste → cours particulier avec un enseignant, sur une période courte et intensive. C'est cher à l'heure, mais on parle de six à dix séances ciblées — de l'ordre de 400 à 600 CHF — et non d'un abonnement à l'année.
Des devoirs bâclés ou faits dans le bruit, alors que la compréhension suit → commencez par les devoirs surveillés de votre commune, quand ils existent. C'est exactement ce pour quoi ils sont faits, et c'est souvent gratuit ou modique.
Une difficulté repérée par l'enseignant lui-même → demandez d'abord à l'établissement ce qui est prévu comme appui. C'est gratuit, ciblé, et coordonné avec le cours — inutile de payer avant d'avoir posé la question.
Un travail irrégulier, des révisions de dernière minute, des notes en dents de scie → une plateforme structurée + un cadre à la maison. Le problème n'est pas la compréhension, c'est la régularité : payer 60 CHF de l'heure ne la créera pas.
Un élève qui suit mais manque d'entraînement avant les évaluations → répétiteur étudiant, plateforme, ou même une banque d'exercices gratuite si votre enfant sait se mettre au travail seul. Inutile de sortir l'artillerie lourde.
Un blocage émotionnel — « je suis nul en maths », refus d'ouvrir le cahier → aucune des options ci-dessus ne suffira seule, et surtout pas un abonnement. Parlez-en au maître de classe, qui pourra orienter vers les ressources de l'établissement : selon les situations, il existe un accompagnement psychologique, social ou de santé en milieu scolaire. Ce type de blocage se traite dans la durée, et souvent avec un autre adulte que le parent.

Trois questions à poser avant de payer quoi que ce soit

  • Quel est l'objectif, et à quelle échéance ? « Remonter la moyenne » n'est pas un objectif de travail. « Maîtriser le calcul avec les fractions d'ici aux vacances d'automne » en est un.
  • Quel est l'engagement exact ? Durée minimale, préavis de résiliation, séances reportables ou perdues, frais annexes. C'est là que se cachent les mauvaises surprises, en ligne comme en agence.
  • Comment saurons-nous que ça marche ? Fixez un point d'étape à six ou huit semaines. Si rien n'a bougé, ce n'est pas forcément la faute de l'élève : c'est peut-être que la solution ne correspondait pas au problème.
Transparence, et le prix de ma propre solution : je suis à l'origine de MathVaud, qui appartient à la troisième famille décrite plus haut — les plateformes structurées par programme. Puisque cet article donne les prix des autres, voici le mien : les années complètes de 9H, 10H et 11H sont à 239 CHF pour l'année en tarif de lancement, ou 39 CHF par mois, les trois voies incluses et avec une garantie de 7 jours. Les préparations d'épreuves (ECR 8H, examens de 11e) sont des produits distincts, à 39 et 59 CHF. Je n'ai donc aucune neutralité à revendiquer — et c'est précisément pour cela que je le répète : si le problème de votre enfant est une lacune ancienne et ciblée, un enseignant en cours particulier reste le meilleur choix, même à 60 CHF de l'heure. Pour le reste, ne me croyez pas sur parole : un chapitre complet est en accès libre en 9H, en 10H et en 11H, sans carte bancaire — de quoi juger sur pièces plutôt que sur une promesse.

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Prix relevés le 31 juillet 2026 et susceptibles d'évoluer : tarifs et frais d'inscription du Service d'aide à la scolarité (CVAJ), tarifs annoncés sur les plateformes de mise en relation actives en Suisse, tarifs publics des offres de cours en visio (facturés en euros). Les ordres de grandeur annuels sont des estimations calculées sur l'hypothèse d'une séance hebdomadaire pendant l'année scolaire, hors vacances : votre situation réelle peut différer. Les dispositifs d'appui scolaire et les devoirs surveillés dépendent respectivement de l'établissement et de la commune — vérifiez ce qui existe dans le vôtre. Cet article ne cite aucun prestataire à titre de recommandation ni de mise en garde.
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